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Iraniens au Canada
07-09-09

L'Iran, appelé jadis la Perse, représente l'une des plus anciennes civilisations du monde. Les Iraniens, ou Perses, qui étaient de confession zoroastrienne, se convertissent à l'islam après la conquête arabo-musulmane au VIIe siècle. Pays de l'Asie du Sud-Ouest dont la population dépasse les 60 millions d'habitants, l'Iran est la patrie de plusieurs groupes ethniques, dont les Fars (la majorité), les Azéris, les Kurdes, les Arabes, les Arméniens, les Assyriens, les Lurs, les Turkmènes et les Baloutches. La langue officielle est le farsi, ou persan. Les Iraniens sont majoritairement des musulmans shiites, mais il y a chez eux différentes religions minoritaires, dont les musulmans sunnites, les chrétiens, les juifs, les zoroastriens et les baha'is. Comme d'autres nations, l'Iran regroupe un nombre considérable de laïques.


Origines

 

Les Iraniens constituent une communauté relativement nouvelle au Canada. À l'époque de la Deuxième Guerre mondiale, on ne dénombre au pays qu'une douzaine d'Iraniens. L'IMMIGRATION demeure très basse dans les années 50 et 60, allant de moins d'une dizaine d'individus à plus d'une centaine par année. Au cours des années 70, leur nombre passe d'une centaine par année à près de 600 en 1978. Pendant cette période, un nombre croissant d'étudiants munis d'un visa viennent au Canada. Après la révolution iranienne de 1979, qui renverse la monarchie en portant au pouvoir un gouvernement islamique, les chiffres de l'immigration indiquent plus de 1000 individus par année. Au cours des années 80 et durant la majeure partie des années 90, plusieurs milliers d'Iraniens arrivent au Canada annuellement.


Avant les années 70, c'est surtout pour étudier, pour profiter de l'économie ou pour investir que les Iraniens émigrent au Canada. Cependant, la plupart de ceux qui arrivent plus tard, surtout dans les années 80, fuient les persécutions politiques et religieuses, la répression socioculturelle imposée par la République islamique d'Iran, ou encore la guerre Iran-Irak. Au cours des années 90, un nombre croissant d'Iraniens venus au Canada comme entrepreneurs ou comme investisseurs s'ajoutent aux réfugiés politiques. Les chiffres sur l'immigration attestent, par exemple, qu'en 1994, plus de 12 p. 100 des immigrants iraniens sont des entrepreneurs et des investisseurs.
 

Demography

 

D'après le recensement de 2006, il y a 121 510 Iraniens au Canada (99 225 réponses uniques et 54 475 réponses multiples). Cela représente une augmentation de 38 p. 100 depuis le recensement de 2001, qui dénombre 88 225 individus.

Peuplement


En grande majorité, les immigrants iraniens viennent des zones urbaines, en particulier des grandes villes ou des villes de moyenne importance. Au Canada, ils continuent à vivre dans les principaux centres urbains. D'après le recensement de 2006, 70 590 personnes d'origine irannienne vivent en Ontario, dont 81 p. 100 vivent à Toronto. Plus que 90 p. 100 personnes d'origine iranienne vivent dans trois provinces réparties, soit: 58 p. 100 en Ontario, 10 p. 100 au Québec et 24 p. 100 en Colombie-Britannique.

 

Vie économique

 

Parce qu'ils ont un niveau d'instruction assez élevé, les Iraniens prennent part à un grand nombre d'activités économiques allant des petites entreprises autogérées aux moyennes et grandes entreprises. Il y a aussi plusieurs magnats des affaires en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario. Beaucoup d'Iraniens travaillent dans l'import-export, en particulier dans le commerce avec l'Iran, et pour des articles comme les tapis persans, qui gagnent en popularité au Canada depuis quelques années. En ce qui a trait à l'occupation, les Iraniens appartiennent à plusieurs catégories professionnelles : ils sont, entre autres, ouvriers, commerçants, fonctionnaires, chauffeurs de taxi, administrateurs, universitaires, avocats, médecins, courtiers, scientifiques, artistes, ingénieurs, informaticiens, journalistes, professeurs et travailleurs sociaux. Comme les jeunes forment le tiers de la communauté, un nombre substantiel d'Iraniens fréquentent des établissements d'enseignement primaire, secondaire et postsecondaire.

Vie communautaire et culturelle

En tant que groupe d'immigrants relativement nouveau, la communauté iranienne n'est pas encore parvenue à une grande cohésion, contrairement aux communautés d'immigrants plus anciennes. Les Iraniens sont disséminés dans les villes où ils résident et il n'y a de « petit Iran » ni à Toronto, ni à Montréal, ni à Vancouver. La diversité des héritages, en ce qui concerne la classe sociale, l'ethnie, la religion, l'orientation politique et idéologique, alliée à la grande faculté d'adaptation des Iraniens, est à la source de cette relative dispersion de la communauté. Les Iraniens ont néanmoins en commun la fierté de leur culture et de leur histoire. Plutôt que de ne former qu'un seul groupe, ils composent un mélange vibrant de sous-communautés qui partagent une même langue et une même histoire.

 

La passion des Iraniens pour la poésie et la littérature donne lieu à des rencontres régulières dans différentes villes, quelquefois plusieurs fois par mois, où des poètes et des écrivains iraniens, des visiteurs autant que des résidants, récitent leurs oeuvres. La communauté offre aussi une grande variété d'autres activités, comme les concerts, les pièces de théâtre, les projections de films, les expositions d'oeuvres d'art et les sports. L'Iranian Writers' Association of Canada, l'Iranian Artists' Association of Ontario et le Centre culturel et communautaire des Iraniens de Montréal font partie des nombreux organismes de bénévoles fondés par la communauté pour promouvoir les activités littéraires et artistiques. Il existe plusieurs journaux de langue farsie (persane), hebdomadaires ou mensuels, des émissions de radio et de télévision, des magasins offrant des vidéos ou de la musique, ainsi que des librairies persanes dans les principales villes canadiennes. À mesure que s'accroît la communauté iranienne et que d'autres Canadiens se découvrent un goût pour la cuisine persane, des cafés et des restaurants persans, ainsi que les populaires « chelo-kebabis », font leur apparition dans les grandes villes.

En plus des institutions familiales, les musulmans iraniens pratiquants fréquentent les mosquées et les institutions islamiques déjà établies par la grande communauté musulmane du Canada.

 

Vie politique

La participation des Iraniens au processus électoral demeure limitée, mais certains indices laissent croire qu'elle tend à augmenter. Aux élections provinciales de 1997, en Ontario, deux candidats iraniens figuraient sur la liste du NPD, et plusieurs autres se sont présentés au conseil scolaire. Cependant, bon nombre d'Iraniens, dont la plupart sont venus au Canada avec un statut de réfugié, s'intéressent à la politique iranienne. Outre les groupes d'opposition politique, il existe une multitude d'organismes humanitaires qui défendent la cause des prisonniers et des réfugiés politiques, comme l'Organization for the Defence of Political Prisoners in Iran, la Society for the Defence of Refugees et le Council of Refugees.

Maintien du groupe

Même si les liens familiaux sont très forts dans les foyers iraniens, les réalités de l'immigration et de l'exil mettent les familles à l'épreuve. Comme celles des autres communautés, les familles iraniennes vivent des conflits, à la fois au sein du couple et entre parents et enfants. Ayant obtenu l'indépendance économique et l'accès à des institutions sociales qui les appuient, beaucoup d'Iraniennes remettent en question l'autorité patriarcale, réclamant de plus en plus de changements dans les relations familiales traditionnelles. Ces nouvelles réalités peuvent conduire au resserrement des liens familiaux dans certains cas, et au divorce dans d'autres. Une tension se fait également sentir entre la première et la seconde génération d'Iraniens, qui sont pour la plupart plus jeunes et qui sont éduqués dans un système de valeurs différent.


Il existe un grand nombre d'organismes d'aide à la communauté iranienne. Les associations iraniennes de chacune des provinces en constituent des exemples remarquables. Entre autres activités et initiatives, elles procurent des services aux nouveaux immigrants, organisent des cours et gèrent des librairies persanes.

 

La communauté compte aussi plusieurs organismes d'aide aux familles, des associations de femmes, des magazines féminins qui traitent de la famille et des questions qui concernent les femmes. Afin de conserver l'héritage linguistique persan, que tous les foyers iraniens chérissent, on ouvre des écoles persanes dans tous les principaux centres urbains du Canada. Nombre d'agences et d'organismes canadiens comprennent aussi des sections qui offrent des services aux Irano-Canadiens.

Auteur: SAEED RAHNEMA
Source: L'Encyclopédie Canadienne
 

 





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