Articles
L'Iran, appelé jadis la Perse, représente l'une des plus anciennes civilisations du monde. Les Iraniens, ou Perses, qui étaient de confession zoroastrienne, se convertissent à l'islam après la conquête arabo-musulmane au VIIe siècle. Pays de l'Asie du Sud-Ouest dont la population dépasse les 60 millions d'habitants, l'Iran est la patrie de plusieurs groupes ethniques, dont les Fars (la majorité), les Azéris, les Kurdes, les Arabes, les Arméniens, les Assyriens, les Lurs, les Turkmènes et les Baloutches. La langue officielle est le farsi, ou persan. Les Iraniens sont majoritairement des musulmans shiites, mais il y a chez eux différentes religions minoritaires, dont les musulmans sunnites, les chrétiens, les juifs, les zoroastriens et les baha'is. Comme d'autres nations, l'Iran regroupe un nombre considérable de laïques.
Origines
Les Iraniens constituent une communauté relativement nouvelle au Canada. À l'époque de la Deuxième Guerre mondiale, on ne dénombre au pays qu'une douzaine d'Iraniens. L'IMMIGRATION demeure très basse dans les années 50 et 60, allant de moins d'une dizaine d'individus à plus d'une centaine par année. Au cours des années 70, leur nombre passe d'une centaine par année à près de 600 en 1978. Pendant cette période, un nombre croissant d'étudiants munis d'un visa viennent au Canada. Après la révolution iranienne de 1979, qui renverse la monarchie en portant au pouvoir un gouvernement islamique, les chiffres de l'immigration indiquent plus de 1000 individus par année. Au cours des années 80 et durant la majeure partie des années 90, plusieurs milliers d'Iraniens arrivent au Canada annuellement.
Avant les années 70, c'est surtout pour étudier, pour profiter de l'économie ou
pour investir que les Iraniens émigrent au Canada. Cependant, la plupart de ceux
qui arrivent plus tard, surtout dans les années 80, fuient les persécutions
politiques et religieuses, la répression socioculturelle imposée par la
République islamique d'Iran, ou encore la guerre Iran-Irak. Au cours des années
90, un nombre croissant d'Iraniens venus au Canada comme entrepreneurs ou comme
investisseurs s'ajoutent aux réfugiés politiques. Les chiffres sur l'immigration
attestent, par exemple, qu'en 1994, plus de 12 p. 100 des immigrants iraniens
sont des entrepreneurs et des investisseurs.
Demography
D'après le recensement de 2006, il y a 121 510 Iraniens au Canada (99 225
réponses uniques et 54 475 réponses multiples). Cela représente une augmentation
de 38 p. 100 depuis le recensement de 2001, qui dénombre 88 225 individus.
Peuplement
En grande majorité, les immigrants iraniens viennent des zones urbaines, en
particulier des grandes villes ou des villes de moyenne importance. Au Canada,
ils continuent à vivre dans les principaux centres urbains. D'après le
recensement de 2006, 70 590 personnes d'origine irannienne vivent en Ontario,
dont 81 p. 100 vivent à Toronto. Plus que 90 p. 100 personnes d'origine
iranienne vivent dans trois provinces réparties, soit: 58 p. 100 en Ontario, 10
p. 100 au Québec et 24 p. 100 en Colombie-Britannique.
Vie économique
Parce qu'ils ont un niveau d'instruction assez élevé, les Iraniens prennent
part à un grand nombre d'activités économiques allant des petites entreprises
autogérées aux moyennes et grandes entreprises. Il y a aussi plusieurs magnats
des affaires en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario. Beaucoup
d'Iraniens travaillent dans l'import-export, en particulier dans le commerce
avec l'Iran, et pour des articles comme les tapis persans, qui gagnent en
popularité au Canada depuis quelques années. En ce qui a trait à l'occupation,
les Iraniens appartiennent à plusieurs catégories professionnelles : ils sont,
entre autres, ouvriers, commerçants, fonctionnaires, chauffeurs de taxi,
administrateurs, universitaires, avocats, médecins, courtiers, scientifiques,
artistes, ingénieurs, informaticiens, journalistes, professeurs et travailleurs
sociaux. Comme les jeunes forment le tiers de la communauté, un nombre
substantiel d'Iraniens fréquentent des établissements d'enseignement primaire,
secondaire et postsecondaire.
Vie communautaire et culturelle
En tant que groupe d'immigrants relativement nouveau, la communauté iranienne
n'est pas encore parvenue à une grande cohésion, contrairement aux communautés
d'immigrants plus anciennes. Les Iraniens sont disséminés dans les villes où ils
résident et il n'y a de « petit Iran » ni à Toronto, ni à Montréal, ni à
Vancouver. La diversité des héritages, en ce qui concerne la classe sociale,
l'ethnie, la religion, l'orientation politique et idéologique, alliée à la
grande faculté d'adaptation des Iraniens, est à la source de cette relative
dispersion de la communauté. Les Iraniens ont néanmoins en commun la fierté de
leur culture et de leur histoire. Plutôt que de ne former qu'un seul groupe, ils
composent un mélange vibrant de sous-communautés qui partagent une même langue
et une même histoire.
La passion des Iraniens pour la poésie et la littérature donne lieu à des
rencontres régulières dans différentes villes, quelquefois plusieurs fois par
mois, où des poètes et des écrivains iraniens, des visiteurs autant que des
résidants, récitent leurs oeuvres. La communauté offre aussi une grande variété
d'autres activités, comme les concerts, les pièces de théâtre, les projections
de films, les expositions d'oeuvres d'art et les sports. L'Iranian Writers'
Association of Canada, l'Iranian Artists' Association of Ontario et le Centre
culturel et communautaire des Iraniens de Montréal font partie des nombreux
organismes de bénévoles fondés par la communauté pour promouvoir les activités
littéraires et artistiques. Il existe plusieurs journaux de langue farsie (persane),
hebdomadaires ou mensuels, des émissions de radio et de télévision, des magasins
offrant des vidéos ou de la musique, ainsi que des librairies persanes dans les
principales villes canadiennes. À mesure que s'accroît la communauté iranienne
et que d'autres Canadiens se découvrent un goût pour la cuisine persane, des
cafés et des restaurants persans, ainsi que les populaires « chelo-kebabis »,
font leur apparition dans les grandes villes.
En plus des institutions familiales, les musulmans iraniens pratiquants
fréquentent les mosquées et les institutions islamiques déjà établies par la
grande communauté musulmane du Canada.
Vie politique
La participation des Iraniens au processus électoral demeure limitée, mais
certains indices laissent croire qu'elle tend à augmenter. Aux élections
provinciales de 1997, en Ontario, deux candidats iraniens figuraient sur la
liste du NPD, et plusieurs autres se sont présentés au conseil scolaire.
Cependant, bon nombre d'Iraniens, dont la plupart sont venus au Canada avec un
statut de réfugié, s'intéressent à la politique iranienne. Outre les groupes
d'opposition politique, il existe une multitude d'organismes humanitaires qui
défendent la cause des prisonniers et des réfugiés politiques, comme
l'Organization for the Defence of Political Prisoners in Iran, la Society for
the Defence of Refugees et le Council of Refugees.
Maintien du groupe
Même si les liens familiaux sont très forts dans les foyers iraniens, les
réalités de l'immigration et de l'exil mettent les familles à l'épreuve. Comme
celles des autres communautés, les familles iraniennes vivent des conflits, à la
fois au sein du couple et entre parents et enfants. Ayant obtenu l'indépendance
économique et l'accès à des institutions sociales qui les appuient, beaucoup
d'Iraniennes remettent en question l'autorité patriarcale, réclamant de plus en
plus de changements dans les relations familiales traditionnelles. Ces nouvelles
réalités peuvent conduire au resserrement des liens familiaux dans certains cas,
et au divorce dans d'autres. Une tension se fait également sentir entre la
première et la seconde génération d'Iraniens, qui sont pour la plupart plus
jeunes et qui sont éduqués dans un système de valeurs différent.
Il existe un grand nombre d'organismes d'aide à la communauté iranienne. Les
associations iraniennes de chacune des provinces en constituent des exemples
remarquables. Entre autres activités et initiatives, elles procurent des
services aux nouveaux immigrants, organisent des cours et gèrent des librairies
persanes.
La communauté compte aussi plusieurs organismes d'aide aux familles,
des associations de femmes, des magazines féminins qui traitent de la famille et
des questions qui concernent les femmes. Afin de conserver l'héritage
linguistique persan, que tous les foyers iraniens chérissent, on ouvre des
écoles persanes dans tous les principaux centres urbains du Canada. Nombre
d'agences et d'organismes canadiens comprennent aussi des sections qui offrent
des services aux Irano-Canadiens.
Auteur: SAEED RAHNEMA
Source: L'Encyclopédie Canadienne
